Je mentirais tellement en prétendant que ça ne me manque jamais... Que ce que je fais aujourd'hui arrive à me faire oublier ces années-là...
L'aïkido et le milieu des arts martiaux en général, je suis tombée dedans depuis toute petite. "Normal t'es asiatique..." Si vous êtes en train de penser ça, c'est que vous n'avez strictement rien compris. Dès mes 4 ans et demi, j'étais déjà sur les tatamis, en kimono, en train d'apprendre à chuter, à faire des techniques de défense, à compter et à apprendre des noms de techniques en japonais. J'ai appris énormément sur les travers de l'aïkido, d'où cela venait, et petit à petit je suis devenue littéralement subjuguée par cet art (je refuse de le qualifier comme un sport).
Pendant 10 ans, tous les mercredis/lundis/vendredis, j'y étais, au dojo, en train de m'entraîner. J'ai passé mes grades, un par un, passant du cours adolescent au cours adulte. L'année passée fut ma 10è et dernière année. Une année d'incompréhension, durant laquelle je me suis totalement détachée de l'aïkido, séchant un grand nombre de cours, ne m'impliquant plus dedans, une overdose dirons-nous. J'ai donc arrêté, avec ma ceinture marron et un certain soulagement.
Mais on ne se détache pas de quelque chose qui a pris autant d'importance dans notre vie aussi simplement. Au début de l'année tout allait bien, mais petit à petit, même si je prétends parfois le contraire, oui cela me manque. De ne pas avoir porté de kimono depuis presque un an. De ne plus saluer la photo de Morihei Ueshiba, créateur de l'aïkido ainsi que mes partenaires. De ne plus chuter, de ne plus me faire envoyer dans le décor par mon prof. De ne plus attacher mon hakama (ma plus grande fierté durant ces 10 ans ^^). De ne plus faire ni du jo (bâton), ni du chambara (sabre).
Je sais qu'un jour je reprendrais. Pas tout de suite, car j'ai bien l'intention d'essayer le Viet Vo Dao l'an prochain, mais dans quelques années. C'est inévitable. L'aïkido est ancré en moi. Cet art, je l'ai dans la peau. Rigolez si vous trouvez ça ridicule, mais c'est ce qui définit ma situation le plus justement. Faire du step ne me suffit pas. Les arts martiaux, une fois que t'es tombé dedans, c'est comme une drogue, tu ne peux plus t'en passer. Ils font partie de ma vie, j'en ai besoin. Attendez, non, ils ne font pas partie de ma vie... Ils SONT ma vie...
pix: AI Ki Do
Sheena.